Phytothérapie
   
 
   

La phytothérapie est une chose moderne mais dont on sait bien qu’elle prend ses origines dans un passé lointain. Du grec « phyton », plante et « therapein », soigner, elle est la fameuse médecine par les plantes.

La phytothérapie est moderne car on ne cesse de trouver des substances nouvelles et étonnantes dans les plantes pour soigner telle ou telle maladie. Les laboratoires les plus en pointe utilisent les plantes car elles sont un laboratoire fantastique à fabriquer des molécules complexes.

Certains antiviraux contre les virus grippaux sont issus de la transformation d’une substance extraite de la badiane (l’anis étoilé de nos grands-mères aux vertus apaisantes sur les règles douloureuses)
Des anticancéreux pleins d’espoir naissent de la transformation de substances extraites de la petite pervenche.

Depuis la fin du premier quart du 20ème siècle (c'est-à-dire depuis environ cent ans) les médicaments sont fabriqués de façon chimique.
Cette manière de faire a ses nombreux avantages et a permis de trouver des molécules fiables et efficaces contre bon nombre de maladies. Mais cela ne va pas sans un cortège d’inconvénients légers ou lourds comme les effets secondaires, l’épuisement d’effet ou les phénomènes d’accoutumance.

La phytothérapie est un autre regard sur la maladie et sur le malade.  Une plante, contrairement à un médicament classique contient un grand nombre de substances différentes (de molécules différentes) alors que le médicament chimique comprend en général une seule (parfois deux, voire trois mais presque jamais plus) molécule.
La plante n’agit donc pas à seul endroit sur le corps, sur un seul organe mais possède une action globale.
Cette action globale suppose par conséquent une vue globale sur le malade et sur la maladie. On parle de totum pour désigner ce mode d’action très global d’une plante. Un système complexe de substances (la plante) pour soigner et venir au secours d’un système complexe de vie biologique (l’être humain)

 

Au vieux dogme « une maladie, donc une anomalie, donc un organe malade, une sorte de cellules, donc une molécule pour corriger » se substitue le dogme « un être humain malade, donc un déréglage global, donc une action globale, donc une plante »

La cortisone est une molécule normalement fabriquée par nos glandes surrénales et aussi fabriquée chimiquement pour constituer un anti-inflammatoire puissant. Mais cet anti-inflammatoire a ses effets secondaires bien connus. L’harpagophytum (ou « griffe du diable ») est un anti-inflammatoire végétal dont l’action est très proche de celle de la cortisone, les effets secondaires en moins. L’harpagophytum ne contient pas une seule, mais une myriade de molécules différentes qui vont agir à des niveaux différents dans le corps et dans les cellules, parfois en synergie, parfois pour se contrecarrer, se modérer mutuellement (se réguler) et avoir ainsi une action plus douce et moins agressive sur le corps.

En phytothérapie la vision globale amène parfois à des traitements étranges.  Donner une plante aux vertus digestives à quelqu’un qui souffre d’insomnie n’est pas possible en thérapeutique classique. Si vous souffrez de l’estomac, on vous donnera un médicament pour l’estomac, si vous avez de la colite, un médicament pour les intestins et si vous êtes insomniaque de la deuxième partie de la nuit, un somnifère de demi-vie longue.
En phytothérapie, une plante comme la mélisse amène une moindre sécrétion acide de l’estomac, une action anti spasme sur le colon… et favorise un bon sommeil en évitant des réveils nocturnes vers le matin. Cela est un exemple de cette vision globale.

Parce que la vie végétale est l’usine de production de médicaments la plus prolifique du monde, parce que la phytothérapie amène à une vision globale de la maladie et du malade, parce que la plante a toujours une action à la fois douce et profonde (le totum) la phytothérapie ne peut que devenir un des piliers de la pharmacologie de demain.
Son principal ennemi est la puissance de l’argent car aucun laboratoire ne peut breveter le vivant et il est à craindre qu’avec les organismes génétiquement modifiés (OGM), la tentation soit grande pour l’industrie de lancer une pseudo phytothérapie faite de ces organismes détournés et désadaptés à nos biologies, mais brevetables et donc financièrement rentables.
La prise de conscience planétaire galopante de l’intérêt de défendre notre biosphère sous tous ses aspects rend malgré cela optimiste pour que l’homme vive et se soigne au milieu de ses lointaines cousines de la vie : les plantes.

Docteur Daniel SCIMECA

 

Les auteurs des textes rédigés sont responsables de leurs écrits.
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